Mehdi Ben Barka: «ce mort aura la vie dure, ce mort aura le dernier mot»

Share

«Ce mort aura la vie dure, ce mort aura le dernier mot»
Daniel Guérin, in «Ben Barka ses assassins: seize ans d’enquête»
via @mamfakinch
Voilà donc 46 ans que Mehdi Ben Barka a disparu à Paris le 29 octobre 1965, enlevé par deux policiers français et remis à un ramassis de truands français et de responsables marocains, pour subir un sort funeste mais encore non déterminé. Il aurait eu 91 ans aujourd’hui si son chemin n’avait croisé celui de Hassan II, Oufkir et Dlimi (et leurs complices étrangers, français, étatsuniens et israéliens). Mehdi Ben Barka a laissé un héritage politique mais aussi judiciaire, confirmant les mots immortels de Daniel Guérin cités en exergue.
Sur le plan politique, Mehdi Ben Barka fut tout d’abord un résistant face à l’occupation et à la colonisation franco-espagnoles, avant d’accéder à de hauts postes politiques et parlementaires. Fondateur de l’UNFP (devenu en 1972 l’USFP), il était le leader incontesté de l’opposition progressiste à ce makhzen autoritaire et acoquiné aux puissances étrangères. Elu triomphalement dans sa circonscription de Rabat en 1963, son aura politique, devenue internationale, amena le makhzen à vouloir l’éliminer – par un accident de voiture planifié mais raté en 1962 et une condamnation à mort par contumace en 1963 pour avoir pris le parti de l’Algérie lors de la «guerre des sables» de 1963. En exil depuis lors, il était devenu une figure de proue du tiers-mondisme triomphant de ce début des années 60, rejoignant et représentant la Tricontinentale, génant par là, outre un pouvoir marocain ayant rompu avec le neutralisme tiers-mondiste de Mohammed V, les puissances occidentales.
Homme d’ambitions radicales et de réformes pragmatiques, de principes affirmés et de … (more)

Add comment